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L'air du temps est si poisseux......que même les mots gras n'y laissent plus trace.
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Le cul sur la poudre ou la guerre enfin propreHier, les feux d’artifices du 14-Juillet ont pété, «Cocorico » fit le coq, « Ooh, Label Rouge !!» fit le con. Faut dire que c’est tellement beau devant la Lune et pis ça sent bon, c’est vrai, hein, ça rappelle celui de l’année dernière où j’avais fait tomber toute ma glace à la pistache sur mon maillot de bain tout neuf, putain qu’est-ce qu’on a ri, hein ? Non ? T’as raison, c’était naze. Non, moi, c’que je préfère, c’est les feux d’artifice des écolos de banlieue. Vous allez comprendre. Déjà, parce que les résidus de « la Belle bleue » qui retombent dans les narines poilues et entre les orteils rosis des mangeurs de gaufre en tongs viennent pour la plupart, avant d’être résidus, d’usines asiatiques où des gamins passent leurs journées à manier des tas de poudre dont une partie de la production ne manque jamais de venir gâcher sa course dans leurs tas de petits poumons tiers-mondistes. C’est ça, la mondialisation : les chinoiseries fabriquées le cul sur un tas de poudre par des bambins ce qu’il y a de plus pauvre au monde finissent par péter dans les doigts ou au visage des gamins pauvres de banlieues françaises, pour qui le pétard est une véritable institution. Les adultes, eux, ont bien compris : ils ne s’en mêlent pas, ne fabriquent rien et ne font rien péter non plus. Ils laissent ça aux petits, c’est plus prudent. Par contre ils aiment les gros feux d’artifices et les regardent de loin en faisant des « Oooh, Ahhh, Waouu !! » « Ah, c’est l’bouquet ?! Ah ben non, même pas. Ben dis-donc il est mieux que l’an dernier, j’te dis qu’la mairie de Palavas ben elle s’moque pas d’nous ! Hein Jacqueline ?! » Mais contre cette tradition débile et pas écolo pour un boum, d’autres ont réfléchi : chaque année, ils s’en vont bras-dessus/bras-dessous par les chemins champêtres rejoindre les parkings et autres centres-villes, déversent dans le caniveau le contenu –hors de prix- d’un jerrican rouge, y jettent sans faire exprès une allumette et regardent une à une les voitures se passer solidairement la flamme. Pis font deux-trois p’tits tours et pis s’en vont. Résultat : moins de cancer juvénile du poumon tiers-mondiste, du pétrole gâché pour que dalle et moins de bagnoles pour le consommer. On n’arrête pas le progrès écolo ! Je crois, d’ailleurs, avoir débusqué-là un véritable groupuscule d’activistes anti-cancer-du-poumon-juvénilo-asiatique : parce que la diplomatie intercités a ses limites, même lorsqu’un seul pauvre kilomètre les sépare, on a parfois besoin d’en arriver au conflit armé. Et ben là aussi, croyez-moi, le progrès s’envole comme le cours d’Areva un jour de fuite radioactive bien gérée niveau com’. Fini le Smith&Weston lourd, bruyant et polluant, terminé le vieux 22 long rifle qui s’enraye au moment crucial, fi des armes à feu de tout poils brûlé, place aux sabres et à la batte de base-ball : ainsi, il y a une dizaine de jours, une vingtaine de types cagoulés et/ou casqués ont déboulé dans ma petite cité pour venger l’un des leurs (paraît-il) et ont coupé menu-menu un « grand » (la trentaine) qui s’était interposé pour couvrir la fuite des plus petits. Ecolos, soyez de tous les combats ! L’hymen masculin attend son tour
Ils sont quand même dans la mouise, tous les mecs qui ont « promis-juré-craché, euh, non, j’te jure Chérie je suis vierge, je t’ai attendue toute ma vie ». Je pouffe. Gras. Parce que le nombre de tout-juste « femmes de » qui vont réclamer à la justice l’annulation de leur mariage après la nuit de noces… Parce qu’il y a quelque chose, tout de même, et de taille : c’est assez difficile de vérifier la virginité d’un tout juste « homme de » à part, bien entendu, en évaluant ses capacités à honorer madame. Et là, je sens bien que les madames en question viennent de perdre tout espoir de passer une première nuit d’amour convenable. Parce que, les vicieux, les vils, les ignobles traîtres qui ont eu le malheur d’aimer une autre femme avant la Promise vont tous se mettre à simuler, à se montrer maladroits et à secouer la tête de façon hachée et stupide en faisant des bruits bizarres bien plus rapidement qu’à leur habitude. Le tout pour éviter la scène : « Mais c’est quand même incroyable, ça, j’ai joui trois fois, c’est trop beau pour être honnête, elle s’appelle comment ?! Je réclame l’annulation pour « mensonge sur une qualité essentielle ! », comme le permet dorénavant une fine et floue interprétation de la loi. Elles sont vraiment marrons, les femmes. Non seulement elles devaient déjà se taper des types qui trouvent leur hymen plus important que ce qu’il y a autour et voilà que, maintenant, elles vont encore plus galérer au lit. Enfin, seulement jusqu’au terme du délai imparti pour demander la nullité relative soit…5 ans. Allez, courage les filles. L'allure du pigeon et le bonheur salutaire de pouvoir en rireHiver 2002. Je me souviens des vagues, des amplitudes immenses entre deux crêtes, du bouillonnement de la mousse qui déferle au-dessus d’une montagne de cinq, six, sept, huit mètres d’altitude. Le clapotis de l’eau salée sur la coque semblant venir de toutes les origines de ce trois cents soixante degrés d’horizon vierge, le vent qui file entre le foc et la grand-voile avant de venir percuter mes cils abandonnés au ciel, mes narines grand ouvertes à l’iode et à l’épaisse odeur de l’écume, les montées régulières et addictives de l’adrénaline sur chacun de ces profonds et longs surfs, la poussée des montagnes au cul, le mélange de l’infini et du désir de demain devant. Les rêves, chaque nuit, chaque sieste, qui réunissent la totalité de ceux que ma courte vie m’a amené à rencontrer. La peur de mourir, l’immense et indescriptible joie d’être en vie, le cadeau permanent, tant immensément empoisonné que jouissif, d’en avoir conscience. L’irrépressible envie de le dire, d’en convaincre tous ceux que je verrai à mon retour : réjouis-toi du pigeon et de son air con mais content, contente-toi de la vue de l’enfant aimé croisé dans la rue, à quelques pas de ses parents, jouis de la main posée sur ta joue par l’ami, ris de cet air pollué que tu as encore le bonheur de respirer, jubile de la possibilité offerte d’hurler contre l’offense faite au faible, au proche adoré. La sensation, enfin, le ressenti, enfin, la certitude, enfin mais à jamais, de n’être qu’un et d’être un être humain. Comment aujourd’hui se laisser sincèrement aller à sourire en assistant au triste dessin de l’avenir des enfants ? L’existence distanciante, tant improbable qu’interminable, de l’océan. Sûrement. L’Happy Hour ou la chute annoncée de l'EmpireCa y est, la révolte couve. Les premières étincelles vont commencer à effleurer les vraies, les grosses, les plus inflammables réserves de poudre du pays. « Ce n’est pas une révolte, Sire, c’est une révolution » viendra bientôt dire la voix paniquée, en pleine nuit -vers midi et demie- d’un laquais élyséen à l’oreille d’un Sarkozy ronchonnant. Le Prince aurait pourtant pu la voire venir, la pressentir. Il aurait même pu l’éviter, et c’est même à se demander si ce n’est pas un fait exprès. Mais, pour une ultime provocation, c’est sa tête qui risque d’en rouler sur le parquet lustré du Palais. L’histoire commence comme ça, l’air de rien. Le lundi 19 mai 2008, « Le Parisien » révèle l’information capitale, digne du scandale du Collier de Marie-Antoinette, preuve à l’appui : la « Mission interministérielle de lutte contre la drogue et la toxicomanie » a envoyé une lettre aux représentants des grandes maisons d’alcool, dans laquelle apparaît la bombe incendiaire qui pourrait bien dévaster le pays : « Le gouvernement a décidé dans le cadre des politiques publiques de lutte contre les addictions d’adopter des propositions visant à limiter les consommations nocives d’alcool : […] -interdiction de la promotion des boissons alcoolisées par tarif incitatif dans les lieux de vente et de consommation (happy hour, open bars). » Fusionnez donc CRS et Gendarmes mobiles, réveillez la Garde républicaine, remplissez les monospaces des ninjas du GIGN, rapatriez vite le Mistral parti en Birmanie et remémorez-vous les codes de la puissante frappe nucléaire, ça ne sera pas de trop. Parce que jusqu'à présent se taisaient tous les moins de trente ans de France et de Navarre à qui vous avez déjà supprimé l’avenir, les points au permis et l’espoir d’un futur rassurant, retiré la clope du bec, la croyance dans un futur sûr et le droit de grève, volé la stabilité, le respect du Parlement et supprimé les profs, massacré les filières d’orientation, la recherche et la culture, privés d’un environnement sain, d’une assurance chômage digne et de la liberté de se rassembler dans les halls d’immeuble, étouffé les tribunaux et les bureaux de poste, bradé les autoroutes et les services publics après avoir vidé les caisses de l’Etat pour engraisser les déjà-gras, réduit les retraites et les pensions pour les handicapés et les plus vieux…. Mais toucher l’happy hour, quelle bêtise ! Couper les vannes qui alimentent les veines de tous les soiffards du pays ! Trancher le cordon ombilical qui garde en vie tous ceux que votre politique pousserait, sans lui, au suicide ! Erreur stratégique fatale qui revient à éveiller l’eau qui dort, le Capone qui sommeille en chacun des branleurs qui, bien heureusement, forment encore une majorité de la jeunesse du pays. Nous serons propres, tristes, sains et gentils en façade. Nous aménagerons les caves, demanderons à Mamie de nous apprendre à fabriquer des alambics et nous remettrons au goût du jour les cocktails qui dissimulent l’odeur de l’alcool à vos nez inquisiteurs qui ne tarderont pas à venir renifler nos verres. Et quand vous tournerez le dos, nous tendrons haut les doigts et montreront fièrement nos culs. La répression ne dure jamais qu’un temps. Combien vous en faudra-t-il pour le comprendre ? Sous vos yeux ouverts mais révulsés, clandestin.Ca y est, je plie. J’me casse. J’m’arrache du sec, de la terre ridée et des regards désespérés d’impuissance, de ce pays pillé pendant des siècles et des siècles par des crevettes venues rosir sous un soleil qui ne leur appartient pas, qui croient toujours que sans leurs puits on ne boirait pas. Pas l’droit ? Essayez donc de me retenir, de me dire qu’il faut que j’attende des lettres-type pour bouger mon cul de « sous-développé » sur le tempo de la survie, pour tenter de sauver la vie de ma famille rachitique comme votre code éthique. Pas de visa, pas de billet, pas de valise, pas de short ni de chemise à fleur, pas de sac-banane ni de look de traveler, pas de sandwich bien emballé ni l’ombre d’un papier. Je débarque bientôt chez vous mais qu'est-ce que vous croyez, m’avez-vous regardé, vous en seriez étonné, trouvez qu’j’ai la tête candide et détendue du Japonais, sa visière, son Cityrama et son sourire sous le nez ? Pensez-vous que c’est pour vos monuments ou vos allocs que je vais aujourd’hui m’accrocher au train d’atterrissage d’un vol pour Paris ? Que je prierai, si je ne tombe pas quand il s’ouvrira sur Roissy, pour décrocher un travail de plongeur ou d’éboueur, que j’y purgerai vos égoûts et étalerai votre goudron, qu’on ne me louera pas d’appartement parce que vous m'imaginez y égorger des moutons, que je fuirai la police comme ces précédents, morts de, sous vos yeux, s’être jetés des étages ou d’un pont ? Allez, soyez sérieux, j’arrive et vous n’y pouvez rien, vous m’aimez bien en esclave mais feignez de croire que vous n’y pouvez rien.
----------"Chulan Zhang Liu, la sans-papiers chinoise qui s’est défenestrée jeudi dernier à l’arrivée de la police boulevard de la Villette à Paris (Xe), est décédée des suites de ses blessures, vendredi à 23 h 55, à l’hôpital Georges Pompidou." Libération, 25 septembre 2007. ---------"Un sans-papiers d'origine malienne s'est tué vendredi en se jetant dans la Marne. Âgé de 29 ans, il tentait d'échapper à la Brigade anti-criminalité (Bac), qui voulait contrôler son identité alors qu'il venait de passer sans ticket dans le RER. Les agents l'ont poursuivi sur environ 400 mètres avant qu'il ne se jette à l'eau." Lefigaro.fr, 05/04/2008. Le Sex-toy voudrait-il la place de l’aspirateur ?
Un débat fait actuellement rage entre la partie libidineuse et la partie pseudo-intellectuelle de mon cervelet. Me serais-je trompé ? Me serais-je pris pour le féministe que je ne suis pas, serais-je un macho qui s’ignore ? Alors, le sex-toy, objet d’émancipation féminine ou outil supplémentaire de réification de la femme, de domination masculine ? Une chose est sûre : c’est une vraie mode. Les couples assument de plus en plus leur présence dans les sex-shops, les réunions Tuper-ware se changent en meeting quasi-religieux façon In gode we trust (elle n’est pas de moi, celle-là), le petit caneton vibrant devient un objet aussi courant que les patins de mamie pour ne pas rayer le parquet et ce sont, aujourd’hui, les filles qui entraînent leurs mecs faire le tour des magasins érotiques… En attendant la pub télé, en chantant je vous prie, « SexToys’re Us, les jouets c’est nous ! ». Bon, a priori je me dis : « c’est cool, on n’a pas tout à fait liquidé l’esprit de mai 68, les femmes ont su garder entière cette quête du plaisir qui leur a été dévoilée lorsque est arrivée la pilule contraceptive, leur corps n’étant plus, tout à coup, destiné qu’à procréer, elles pouvaient désormais envoyer s’faire téter ailleurs les lourds qui leurs demandaient gracieusement « hé chérie, on s’accouple ?». Mais un choc terrible vint frapper mon esprit quand, en ce jour funeste pour mon côté féminin, une amie me dit savamment : «Je ne crois pas que ce soit une victoire, aujourd’hui il faut avoir ton gode et partouzer dans tous les sens pour être une femme moderne, c’est juste un nouveau modèle à suivre… » Moi : « Arrggh, bordel c’est pas con ce qu’elle dit. Et si, malgré cet handicapant et malencontreux état organique qui fait d’elle une femme, elle avait raison ? » Là, la panique m’étreint, mes glandes s’asséchèrent, mes yeux vibrèrent embuant mon regard, la chair de poule déferla sur ma peau et la ravageuse révélation enivra mes pensées : « Oh non ! Le canard jaune serait-il l’outil de la main de fer qui opprime mes contemporaines, ses vibrations ne seraient-elles que les ondes négatives de l’Homme qui s’insinuent en elles tel un Cheval (de Troie) ? Non, pas le canard…» Depuis, je ne dors plus. Quarante ans plus tard, l’esprit de la révolutionnaire libération sexuelle serait-il devenu simple crédo marketing ou, pis, nouvelle ruse de l’effroyable gente masculine pour asseoir sa domination sur une femme devenue objet jusque dans son plaisir le plus intime ? Please, my Lord, dear Gode, help me ! Si vous votez à gauche, c'est que vous n'avez rien compris !De la « pédagogie », disent-ils. Nous avons besoin, mes chers amis, vous comme moi mais surtout vous parce que moi bon, je suis tout seul alors que vous plein, nous avons besoin de « pédagogie ». Vous l’avez sûrement remarqué, depuis six ans, dans leurs discours de réactions aux manifs ou de contre-pied aux « branlées »* électorales : nous n’avons toujours rien compris. Si nous ne voulons pas de leurs « réformes » de « modernisation » de l’Etat et de l’économie –vous serez bien aimables d’entendre-là « révolution libérale réactionnaire de liquidation de tout ce qui a été avant nous gagné à coups de bleus sous les coups de matraque des bleus »-, si nous n’en voulons pas, donc, et bien c’est simplement parce que, trop occupés à travailler plus pour acheter de la viande avariée, nous n’avons pas pris le temps ou, pis, nous n’avons pas l’étoffe intellectuelle nécessaire à « comprendre » leur politique. Brice Hortefeux, ministre de l’Expulsion et de l’Insanité nationale, vous le disait pas plus tard qu’au soir de leur déroute municipale, sur le plateau de France 2 : « Nous n’avons pas fait assez de pédagogie ». C’est là que j’ai senti mes bourses venir me chatouiller la gorge en passant par le myocarde qu’elles ont un peu bouché chemin faisant, m’occasionnant un léger infarctus de rien du tout. Ouvrant un œil en réanimation, j’entendais se faire, dans mon crâne embué, la traduction littérale : « le résultat du dernier suffrage n’est que l’expression d’une diarrhée nerveuse de Français se roulant parterre au nom du pouvoir d’achat, comme d’obèses gamins sous les néons du rayon des barres chocolatées de Mammouth, pleurant tout rouge et tapant du pied-bot, incapables d’attendre qu’on ait passé la caisse pour s’empifrer, les gros, les cons, les niais, les impatients ». Conclusion : « Nous allons accélérer le rythme des réformes ! » clamait donc, tout fier de lui, le roi des cyniques avec son insupportable sourire de Clowney, j’ai nommé Jean-François Copé. En voilà une réponse : « mais oui, je sais que ça fait mal de se faire exciser mais tu verras, une fois l’opération terminée, tu seras débarrassée de ces trucs qui ne te servent qu’à te distraire et t’empêchent de te consacrer à ta tâche de productrice productive. Sois patiente, crois-moi, les résultats viendront et puis merde, écarte les jambes et ferme-la, je sais ce qui est bon pour toi ! » Il faut leur expliquer, reformuler, détailler les avantages de l’amputation du bras gauche de l’Etat (éducation, santé, aide aux plus pauvres, recherche, enfin bref, le clito pas rentable ) au profit du bras droit (police, armée, etc.) parce qu’ils ne sont pas foutus de comprendre, les bœufs, qu’un membre en moins, ben ça fait plus de sang pour les autres qui, du coup, ne peuvent que mieux s’en porter. Les incultes. « C’est quand même logique, nom d’un stérilet Dior ! », pensa Carla en croisant les doigts pour ne pas être enceinte de Jean. Alors moi (ben oui c’est quand même un blog donc on parle de moi avant tout), moi, moi, moi sur mon canapé qui crie et lève les bras, qui pète de rage en bavant sur mon pet’, j’en ai marre. J’en ai marre de m’énerver contre ces types dont, après tout, la démocratie est tombée amoureuse. Alors, si l’un d’entre vous est dispo en 2012… Moi, tant que c’est quelqu’un qui m’a l’air de savoir ce qui est bon pour moi, je vote pour lui.
* "Ca s'appelle quand même une branlée !" dit doctement not' Président, au soir du second tour des municipales, rapporté par "Le Canard Enchaîné" Cinq heures du mat' en deuilIl vient du couloir et transperce la porte. Le rythme d’une démarche familière s’approche. Un sourire de canaille s’étire sur un visage lisse, rond. Deux yeux en amande et le peu de cheveux en bataille. Sur la joue, le doudou est doux. Entre les lèvres, le bout du tout petit index caresse la moue. Doigt boudiné. Sourcils dépeignés. Ca sent le linge propre et la crème hydratante, le gratin et la carotte. Sereins et convaincus, les pas raisonnent plus fort, se rapprochent. Epaisse et détendue, la peau d’une déesse au sein brun, source du plus chaud des parfums, se penche sur mon berceau d’enfant. Maman tend les lèvres et pose un baiser sur le bout du nez, sourit, se redresse et se tourne vers celui qui vient d’entrer, ouvre les bras et le cœur à ce mari, cet ami, cet amant. Sur la joue le doudou est doux, dans les yeux se dessine le bonheur fait à l’enfant de voir vivant l’amour de ses parents. Deux grosses mains plongent, saisissent les côtes et l’emportent, voyage aérien à destination du torse immortel d’un dieu, le père au ciel d’un enfant prometteur. Un câlin, trois rires, un repas, trois soupirs, au lit, une pensée pour demain, trois avenir. Une fin de semaine c’est deux jours à se montrer comme on s’aime, à prendre le temps de se regarder, de se sentir, de se parler, de grandir. Demain on aura le temps. Demain on aura le temps. Cinq heures du matin c’est une odeur de brûlé qui le fait pleurer. Papa s’est réveillé, s’est agité. Vite habillé, les flammes de l’enfer lèchent l’entrée du paradis. Un court-circuit. Il vient du couloir et transperce la porte. En une demi-heure tout est parti. Il vient du couloir et transperce la porte. Sorti du brasier par un héros casqué, l’enfant est allongé dehors. Avoir sept mois et voir le monde s’éteindre, sentir la mort t’étreindre et son air brûlant remplacer le parfum d’un sein brun. Je ne te connaissais pas mais j’ai vu ta mort, sur un trottoir, j’avais pourtant cru à tes derniers efforts. A présent le monde tourne mais il est léger, futile. Rien n’est plus grave. Trois anges ont vu leur pousser des ailes inutiles. Samedi quinze mars, cinq heures du matin. Je rentre chez moi ton corps noirci au fond des yeux. Passe une dernière fois ton doigt boudiné sur ce sein brun, souris, souviens-toi du son de ce pas convaincu, des baisers qu’ils posaient sur tes mains. Dors, maintenant que tu n’es plu. Et ne t’en fais pas pour tes dieux, car eux non plus. De l'indépendantisme manuel contre le nationalisme du corpsOk, je suis un manche. Je sais pas me servir de mes mains. Il n’y a qu’à les regarder pour comprendre : mes doigts sont fins, mes paumes sont douce, leur peau fine, et ridiculement rose. Des mains de gonzesse, me dit-on. La seule corne qu’elles portent, c’est celle que les cordes pressées sur le manche de ma guitare ont forgée sur le bout des doigts de ma main gauche, au fil du temps. Et encore je joue toujours les mêmes morceaux en chantant bien fort pour pas qu’on entende que ça sonne mal parce que j’appuie pas assez fort, devinez pourquoi, ben parce que ça me fait mal aux doigts, pardi. Soit. J’accepte. J’ai jamais su utiliser ces bouts de membres qui ne répondent pas à mon cerveau comme il se devrait et qui font tout pour me montrer qu’elles sont autonomes, voire autonomistes ou séparatistes, je crois que c’est pareil ou que ça dépend si ça a déjà été rattaché ou pas, et vu qu’au sujet de mes pognes je sais pas très bien, on dira qu’elles sont tout à la fois autonomistes, indépendantistes et séparatistes. Et pour se faire entendre, elles font des attentats lâches et mesquins comme elles en voient à la télé. J’explique : avant, j’étais étudiant, barman après les cours parce qu’il faut bien acheter des kebabs pour être en bonne santé et de la vodka pour tout gâcher. Et que quand t’es barman et que t’as vingt ans, ben tu fais le beau, t’apprends dans ta studette à jongler avec des bouteilles vides pour refaire ça le soir derrière le comptoir, pour faire sourire les filles et énerver les mecs, ce qui par ailleurs fait encore plus sourire les filles. Bref. Donc, un soir où j’étais au top du minet staïle dans un bar branchouille pour jeunes beaufs, petite chemise ouverte, « Nouba Nouba Yeah » à fond et shots de Vodka-Freedent pour tout le monde j’me dis « allez, c’est ton soir mon loulou, fais péter la baraque !», je prends donc une bouteille qui n’avait d’yeux que pour moi et dont le destin était de tourner sur elle-même, à plat sur ma main, avant de finir la tête en bas au-dessus d’un cocktail. Effectivement, elle a bien tourné. Sauf que juste avant que ma main droite ne la lance, la gauche l’a débouchée -sans faire exprès plaidera-t-elle- et que c’était du sirop de grenadine qui a donc terminé son vol en longs fils rouges et épais sur la brochette de minettes accoudées au comptoir. Je l’ai vu dans la chaleur de leurs regards : tout à coup, elles auraient aimé que ça soit mon sang. Attentat, donc. Mais ça c’est gentil parce que ça a bien fait marrer celles qui n’étaient pas touchées et qui ont vu les autres ainsi disqualifiées du concours de drague. Les autres me détestèrent dès cet instant mais moi j’m’en fous de toutes façons j’étais trop beau pour elles. Si, si, j’vous jure. Non, plus grave, c’est le coup du crabe. Vous faites quoi, vous, si un bon gros tourteau vous regarde par en-dessous, tout pris qu’il est dans un filet sur le pont du bateau où chauffe déjà le court-bouillon qui doit lui servir de jacuzzi ? Ben vous le regardez. Et elles me font quoi à moi, mes mains, comme coup, d’après vous ? Ben elles le titillent. Vas-y que j’te touche la carapace, « oh fais voir ta patte bizarre, dis-donc mais y sont chelous tes yeux »… mais quand, tout à coup, j’me suis entendu dire « et alors, hein, c’est qui le plus rapide, hein, regarde un peu ?! » et que j’ai vu mon index droit commencer à mettre son bout dans la pince pour voir s’il se retirait plus vite que le crabe ne la refermait, j’ai tout compris. La première fois, j’ai quand même admiré l’aisance avec laquelle j’esquivais. Pas la seconde. Et bien croyez-moi ou pas, mais un crabe, ça ne fait pas que pincer. Ca broie. De plus en plus fort. Me voici donc en train d’hurler, debout avec ce monstre pendu au bout du doigt, à ne pas savoir si je devais me suicider ou appeler SOS Crabes, mais étant donné qu’on était en mer et qu’il n’y avait ni Euphytose ni téléphone à bord, ben j’ai rien fait. Mon père, lui, est arrivé avec un son grand couteau de plongée, j’ai crié « non ! le coup’ pas ! », il a ri et a fait levier. Et a ri encore après. Attentat, vous dis-je. Et y en a marre maintenant. Parce que l’autre jour, alors que je laissais depuis plusieurs jours ma louloutte s’escrimer à détapisser la chambre, j’ai eu un flash, j’ai vu la lumière, j’ai eu une Révélation : saisi par la galanterie, je lui ai proposé un coup de main. Au Smic-horaire. Et je me suis mis à la tâche, avec force, fierté et ferveur. Seulement, après une bonne heure passée à racler avec la spatule, je me suis rendu compte que le mur n’avait pas la même couleur quand c’était moi qui décollait le papier peint. J’avais juste attaqué une épaisseur du mur qui, du coup, avait l’air tout marronâtre et était devenu impraticable, avec ses creux et ses trous. Alors je crois qu’un jour je vais me réveiller avec un petit drapeau rosé planté dans la fine peau qui relie le pouce et l’index, avec marqué dessus « République indépentisto-autonomo-séparée des Mains réformées comico-terroristes ». Et ça sera pas plus mal. J’enverrai pas les chars, pas même les majorettes à casque, les terribles CRS. Mains de gonzesse. Alcool, féminisme et circoncision hasardeuse.Vendredi 7 mars, 19h00. « Greg, tu viens après le boulot, y a le pot de départ d’une collègue dans un bar place Clichy ? -Ok mais vite fait alors, deux bières et je bouge ». T’as gagné, dix heures plus tard j’ouvrai un œil sur le comptoir du « Couloir » et mes trois alcoolytes du jour, un bar qui ne s’appelle pas comme ça par hasard étant donné qu’il doit faire quatre mètres de large sur vingt de long. Ouvert quand les autres ferment, il est l’antre des fins de nuit des gars qui ne veulent pas dormir parce qu’ils ont peur de vieillir et des filles qui espèrent encore ramener un gars qui, de toute façon, ne lui fera rien de valable. Ou l’inverse. Après les deux derniers demis que j’aurais bien remplacés par une vodka-chicorée accompagnée de tartines au shit, on est finalement rentrés. Vautré dans un canapé Club d’une grande classe et alors que j’élaborais une théorie sur l’accouchement masculin sans douleur après une grossesse à risques extra-prostatine, le tout bien entendu dans le but de bien commencer cette "Journée Internationale de la Femme", je me fis, à mon grand scandalisement, interrompre par les ronflements militants de mon pote qui n’avait visiblement rien à carrer de ces considérations féministo-évolutionnistes et s’était donc, en bon macho, endormi au milieu d’une phrase qui ne demandait même pas de réponse mais bon, quand même, un peu d’attention ça t’arracherait les poils du cul ? Je m’enfonçai donc seul et à grand peine le produit de mon roulage attentionné et partais décéder en paix, au lit. Et me levai quatre ou cinq heures plus tard, à quatre grammes, boursouflé du visage, irrité de la muqueuse, desséché du sinus et à peu près aussi énergique qu’un cortège CFDT un jour de manif. En route pour Villfeuje, donc, après avoir remonté la rue Poulet et ravalé deux-trois remontées gastriques soulevées par l’odeur de la viande du marché. Mais la station Châtelet m’appelle hors de moi alors je sors de la rame en rampant et en me disant que dehors il fait beau, qu’il faut aller se promener parce que c’est bon pour les ivrognes et leurs artères bouchées, que de toute façon je suis trop une épave et que j’ai envie de m’humilier en public pour expier mes péchés dans le seul but de toucher les fesses de soixante-douze vierges, le tout avant de me rendre compte que j’étais de confession catholique et que le type louche qui m’avait répété –un autre soir de cuite- « mais c’est normaaal, c’est normaaaal » tout en me faisant ma première circoncision à vingt-cinq ans et sans anesthésie, ben y s’était bien foutu de ma gueule. Mais sur la grande place des Halles, là, surprise : les Chiennes de Garde, les Fières d’être Putes, la LDH, les Amis de la Commune, Act Up, la L.G.B.T, la LCR, les Copines des Amies de ta Mère, le P.C, les Chattes apostasiées… ils étaient tous là ! Alors photos, photos, photos, photos (à droite du texte )…. J’ai pas arrêté et j’ai bien ri, avec mes nouvelles copines et mes quatre grammes. Jusqu’à ce que les différents mouvements féministes qui ne sont pas d’accord sur la réponse à donner à la prostitution (les abolitionnistes, position officielle de la France, et ceux qui sont pour une normalisation) se poussent et se crient dessus avec des mots machos et homophobes. Là, j’ai définitivement compris que je n’aurais pas mes vierges et que les femmes martyrisées par ce monde, elles, étaient dans une belle merde et ce, il faut en croire mon côté visionnaire de circoncis malencontreux (ça donne des pouvoirs), pour un bon bout de temps !
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